Objectivisme et Droit naturel

En philosophie du droit, on oppose généralement deux écoles : L’école dite jusnaturaliste et l’école dite du positivisme juridique.

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Hugo Grotius

Le jusnaturalisme défend l’idée du droit naturel : le droit découle de la nature humaine et/ou de la nature de l’existence, que la loi est censée faire respecter si elle veut être juste. On considère généralement Aristote et Thomas d’Aquin comme les principaux initiateurs de cette approche. Plus tard, le droit naturel fut défendu par une longue lignée de penseurs à travers les siècles : Hugo Grotius, Samuel von Pufendorf, John Locke, les physiocrates, et bien d’autres.

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Hans Kelsen

Le positivisme juridique est simplement le contraire. Il consiste à nier l’existence d’un droit naturel. D’après cette approche, le droit est ce que les être humains décident qu’il est. En somme, il n’est que pure convention. N’étant que l’application au droit de la philosophie positiviste apparue au dix-neuvième siècle, la théorisation explicite du positivisme juridique est beaucoup plus récente que celle du jusnaturalisme. Son représentant le plus connu est Hans Kelsen.

La question essentielle ici est donc : Le juste et l’injuste sont-ils des notions arbitraires, subjectives ?

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Déontologie ou conséquentialisme ?

Depuis au moins la controverse entre Platon et les sophistes, l’histoire de la philosophie est truffée de fausses alternatives. En métaphysique, on nous donne le choix entre idéalisme et matérialisme ; en épistémologie, entre rationalisme ou empirisme ; etc.

En éthique, une alternative du même ordre nous propose de choisir entre morale déontologique ou morale conséquentialiste. Où se situe l’Objectivisme là dedans ?

Les morales déontologiques sont des morales du devoir, elles reposent sur des principes qu’il faut à tout prix respecter, quelles qu’en soient les conséquences. L’éthique de Kant est un exemple typique de morale déontologique. Toute approche déontologique repose nécessairement sur une théorie dite « intrinciste » de la valeur. Dans le premier chapitre de Capitalism: The Unknown Ideal, Ayn Rand écrit :

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Avant-propos à La Vertu d’Égoïsme

Le texte d’Ayn Rand reproduit ci-dessous, traduit par mes soins, est l’avant-propos de son livre The Virtue of Selfishness. Il répond à la question souvent posée : Pourquoi employer le terme « égoïsme » ? Bien qu’étant d’une importance cruciale pour la compréhension de l’éthique Objectiviste, ce texte n’a pas été inclut dans l’édition française des Belles Lettres, qui, rappelons le, ne présente que quelques extraits du livre original. (7 chapitres sur 20)


VirtueSelfishness2Le titre de ce livre peut évoquer le genre de question que j’entends de temps à autre : « Pourquoi utilisez-vous le mot « égoïsme » pour désigner les qualités vertueuses de caractère, alors que ce mot contrarie tant de gens pour qui cela ne veut pas dire la même chose que vous ? »

À ceux qui me le demandent, ma réponse est : « Pour la raison pour laquelle vous en avez peur. »

Mais il est d’autres personnes qui ne poseraient pas cette question, sentant la lâcheté morale qu’elle implique, en étant pourtant incapables de formuler ma véritable raison ou d’identifier le profond enjeu moral qui est cause. C’est à eux que je vais donner une réponse plus explicite.

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