L’objectivité des valeurs

L’un des aspects à la fois les plus basiques et les plus mal compris de l’Objectivisme est l’objectivité des valeurs. Un certain nombre d’articles de ce blog témoignent de cette incompréhension : à maintes reprises j’ai dû rappeler, face à des erreurs d’interprétations, ce fait simple que dans la philosophie d’Ayn Rand — qui s’appelle Objectivisme — les valeurs sont objectives.

Cette incompréhension peut s’expliquer, non seulement par la prédominance du subjectivisme, qui est souvent pris pour acquis, mais aussi par le fait que l’individualisme et l’égoïsme (aspects caractéristiques de la pensée d’Ayn Rand) sont, dans l’esprit de beaucoup de gens, inextricablement liés au subjectivisme ; de sorte qu’une pensée individualiste devrait logiquement être subjectiviste, pense t-on. Quant à ceux qui savent vaguement que l’Objectivisme défend l’objectivité des valeurs, ils tombent souvent dans un autre travers, en confondant objectif et intrinsèque.

Il ne sera donc probablement pas inutile de faire quelques rappels élémentaires sur cet aspect de l’Objectivisme, afin que je puisse renvoyer à cet article en cas de future méprise.

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Le sophisme de Greenspan

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Alan Greenspan

Lorsque la presse — ou un livre — parle d’Ayn Rand à charge, l’un des arguments que l’on retrouve régulièrement à son encontre est ce que j’appellerai « le sophisme de Greenspan ».

Celui-ci est très simple. Comme à l’accoutumé, il ne parle même pas des idées Objectivistes. Il se présente comme suit :

  • Alan Greenspan a été un disciple d’Ayn Rand dans sa jeunesse
  • il a aussi été à la tête de la Réserve fédérale (la Fed)
  • la Fed est en partie responsable de la crise financière de 2008
  • donc la philosophie d’Ayn Rand est discréditée.

L’une des caractéristiques de ce sophisme est qu’il est toujours utilisé par des gens qui ne connaissent absolument rien à la philosophie d’Ayn Rand. À une seule exception près : Alan Greenspan lui-même, qui est l’initiateur du sophisme.

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Qu’est-ce que le capitalisme ?

Le présent article, traduit par mes soins, est un texte d’Ayn Rand publié à l’origine dans The Objectivist Newsletter en 1965, qui fut ensuite incorporé comme premier chapitre de l’ouvrage Capitalism: The Unknown Ideal. Il s’agit d’un texte Objectiviste crucial traduit pour la première fois en français. Le texte original en anglais est disponible à cette adresse.


CapitalismUnknowIdeal_ombreLa désintégration de la philosophie au dix-neuvième siècle et son effondrement au vingtième a conduit a un processus analogue, bien que plus lent et moins évident, dans le cours de la science moderne.

Le développement frénétique actuel dans le domaine de la technologie a une qualité qui rappelle les jours précédents le crash économique de 1929 : surfant sur les monuments du passé, sur les vestiges non reconnues d’une épistémologie aristotélicienne, c’est une expansion agitée, fiévreuse, ne tenant pas compte du fait que son explication théorique est dépassée depuis longtemps — que dans le domaine de la théorique scientifique, incapable d’intégrer ou d’interpréter leurs propres données, les scientifiques encouragent la résurgence d’un mysticisme primitif. Toutefois, dans les humanités, le crash est passé, la dépression s’est installée, et l’effondrement de la science est pratiquement achevé.

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Reisman, élève de Mises et Rand

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George Reisman (né en 1937)

George Reisman est un économiste, auteur de l’une des plus importantes somme sur le capitalisme intitulée Capitalism: A Treatise on Economics sortie en 1996, disponible gratuitement en ligne. Il fut l’élève de Ludwig von Mises, sous la direction duquel il a passé son doctorat d’économie, puis de Ayn Rand par la suite.

Dans la préface de son ouvrage, il raconte ses souvenirs, d’abord de Mises, puis de Rand. Ce qui suit est l’extrait, traduit par mes soins, où il raconte sa rencontre avec Ayn Rand. Replaçons le contexte : Avec quelques amis qui suivaient le séminaire de Ludwig von Mises, ils formaient un groupe informel appelé le « Cercle Bastiat », en référence à l’économiste français Frédéric Bastiat. Puis, un beau jour :


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Murray Rothbard (1926-1995)

Lors de l’un de nos rassemblements, à l’été 1954, plus de trois ans avant la publication de Atlas Shrugged, Murray Rothbard évoqua le nom d’Ayn Rand, dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. Il la décrivait comme une personne extrêmement intéressante et, lorsqu’il vit la curiosité de tout notre groupe, nous demanda si nous serions intéressés de la rencontrer. Tout le monde dans le groupe était très intéressé. Il organisa alors une réunion pour le deuxième samedi soir de juillet, à l’appartement d’Ayn Rand dans le centre de Manhattan.

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Bibliographie politico-économique très incomplète

À la fin de Capitalism: The Unknow Ideal, publié en 1966, Ayn Rand met à disposition du lecteur une bibliographie d’ouvrages conseillés sur les questions politico-économiques.

En plus de ses propres ouvrages, elle propose 25 auteurs – ou collectifs d’auteurs – et pas moins de 38 livres. Parmi ces 25 auteurs mentionnés, seuls six d’entre eux sont disponibles en français. Cinq seulement ont bénéficiés d’une traduction, Frédéric Bastiat étant déjà français.

Je reproduis ici la bibliographie des quelques auteurs disponibles dans la langue de Molière. La plupart ne sont accessibles que d’occasion ou lisibles uniquement sur Internet. Un avertissement important, cependant, indiqué dans l’ouvrage d’Ayn Rand :

Les auteurs suivants ne sont pas des représentants de l’Objectivisme, et ces recommandations ne doivent pas être comprises comme une approbation sans réserve de la totalité de leurs positions intellectuelles.

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Laissez-nous faire !

Le texte ci-dessous est un article d’Ayn Rand, traduit par mes soins, publié dans le Los Angeles Times en 1962 et qui fut republié en tant que court chapitre dans Capitalism: The Unknown Ideal.


Comme la « croissance économique » est le grand problème d’aujourd’hui et que notre administration actuelle promet de la « stimuler » — d’atteindre la prospérité générale par des contrôles étatiques toujours plus importants, tout en dépensant une richesse non produite — je me demande combien de personnes connaissent l’origine du terme laissez-faire ?

La France, au dix-septième siècle, était une monarchie absolue. On a qualifié son système d' »absolutisme limité par le chaos ». Le roi avait un pouvoir total sur la vie, le travail et la propriété de tous — et seule la corruption des fonctionnaires donnait aux gens une marge de liberté non officielle.

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