Laissez-nous faire !

Le texte ci-dessous est un article d’Ayn Rand, traduit par mes soins, publié dans le Los Angeles Times en 1962 et qui fut republié en tant que court chapitre dans Capitalism: The Unknown Ideal.


Comme la « croissance économique » est le grand problème d’aujourd’hui et que notre administration actuelle promet de la « stimuler » — d’atteindre la prospérité générale par des contrôles étatiques toujours plus importants, tout en dépensant une richesse non produite — je me demande combien de personnes connaissent l’origine du terme laissez-faire ?

La France, au dix-septième siècle, était une monarchie absolue. On a qualifié son système d' »absolutisme limité par le chaos ». Le roi avait un pouvoir total sur la vie, le travail et la propriété de tous — et seule la corruption des fonctionnaires donnait aux gens une marge de liberté non officielle.

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Objectivisme et Droit naturel

En philosophie du droit, on oppose généralement deux écoles : L’école dite jusnaturaliste et l’école dite du positivisme juridique.

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Hugo Grotius

Le jusnaturalisme défend l’idée du droit naturel : le droit découle de la nature humaine et/ou de la nature de l’existence, que la loi est censée faire respecter si elle veut être juste. On considère généralement Aristote et Thomas d’Aquin comme les principaux initiateurs de cette approche. Plus tard, le droit naturel fut défendu par une longue lignée de penseurs à travers les siècles : Hugo Grotius, Samuel von Pufendorf, John Locke, les physiocrates, et bien d’autres.

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Hans Kelsen

Le positivisme juridique est simplement le contraire. Il consiste à nier l’existence d’un droit naturel. D’après cette approche, le droit est ce que les être humains décident qu’il est. En somme, il n’est que pure convention. N’étant que l’application au droit de la philosophie positiviste apparue au dix-neuvième siècle, la théorisation explicite du positivisme juridique est beaucoup plus récente que celle du jusnaturalisme. Son représentant le plus connu est Hans Kelsen.

La question essentielle ici est donc : Le juste et l’injuste sont-ils des notions arbitraires, subjectives ?

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Objectivisme et libertarianisme

Adrien Faure, du blog « Utopies concrètes » m’a interrogé sur le thème des différences entre Objectivisme et libertarianisme. Je reproduit ici les parties essentielles de cet entretien. (Mise à jour : le blog « Utopies concrètes » n’est plus en ligne. Cette page est donc aujourd’hui le seul accès à cette interview.)


AF. Comment définirais-tu l’Objectivisme ?

L’Objectivisme est une philosophie. Pour être précis, c’est un système philosophique complet couvrant la métaphysique, l’épistémologie, l’éthique, la politique et l’esthétique. Il est crucial de saisir que pour Ayn Rand, les problèmes du monde sont d’abord et avant tout d’ordre philosophique, les décisions politiques n’étant qu’un symptôme ou un reflet des idées philosophiques — en particulier épistémologiques et éthiques — qui prévalent.

AF. Comment définirais-tu le libertarianisme ?

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