L’une des très nombreuses sottises du livre Ayn Rand ou la passion de l’égoïsme rationnel,soutenuesà plusieurs reprisesdans l’ouvragepar Alain Laurent— bien qu’il ne soit pas cohérent à cet égard comme à d’autres — mais qui a également été véhiculée par d’autres personnes, est que la philosophie d’Ayn Rand serait « contre les émotions ».
Cette assertion semble s’appuyersur le fait — exact — que l’Objectivisme exhorte l’homme à être rationnel en tout et tout le temps, et émet de vives critiques à l’encontre de l’attitude consistant à agir de façon émotionnelle. Ayn Rand répétait souvent : « Les émotions ne sont pas des outils cognitifs ».
Ce qualificatif de pensée anti-émotion s’accompagne souvent d’une attaque ad hominem envers Ayn Rand ressemblant à quelque chose comme : « Elleprétendaitdéfendre la raison, mais en réalité elle était très émotionnelle, regardez comme il lui arrivait de se mettre en colère ! »
Remarquez bien que dans une telle déclaration, on présuppose que raison et émotions sont indubitablement opposées, ce qui est justementune prémisse que l’Objectivisme remet explicitement en cause.
Comme je l’ai brièvement évoqué lors de mon précédent article, la théorie Objectiviste soutient que les émotions ne sont pas des faits premiers irréductibles —au sens où elles n’auraient pas de cause et se trouveraient simplement arriver en nous face à certains événements— maisdépendent de nos idées, et plus précisément de nos jugements de valeurs. Ainsi donc, si nos jugements de valeurs sont rationnels, nos émotions peuvent être un produit parfaitement rationnel. (Encore faut-il avoir admis une autre idée Objectiviste qui est que les valeurs ne sont pas nécessairement arbitraires, mais c’est un autre sujet.)
Par exemple, la peur est une émotion, et elle n’est pas nécessairement irrationnelle, bien qu’elle puisse l’être. Il n’y a rien d’irrationnel à avoir peur de quelque chose que l’on a rationnellement identifié comme étant objectivement dangereux. Si vous vous retrouvez seul en pleine jungle face à un tigre qui vous lorgne, votre peur n’est probablement pas irrationnelle. De même, si vous vous vous sentez indigné, ou en colère, ou révolté, face à ce que vous avez rationnellement identifié comme étant une injustice ouune immoralité, alors votre indignation ou votre colère ou votre révolte n’est pas irrationnelle.
Lorsqu’à l’issue d’une élection, un candidat donné est élu, certaines personnes éprouvent une profonde tristesse, d’autres une intense joie, d’autres de l’indifférence,face à ce même événement. La différence réside dans leurs idées, dans leur estimationdu fait. Reste à savoir laquelle ou lesquelles sont rationnelles. Lorsque Hitler a été élu, et égalementle temps de sa gouvernance, beaucoup d’allemands étaient sincèrement joyeux. Cette joie provenait de la prédominance d’idées irrationnelles. (Je vous renvoie, sur ce point précis, à The Cause of Hitler’s Germany de Leonard Peikoff.)
Foule d’allemands joyeux sous le régime national-socialiste de Hitler.
L’Objectivisme conteste une pensée du genre : « Je me sens mal vis-à-vis de X, doncX n’est pas bon. » Si la personnese sent mal vis-à-vis de X, c’est parce qu’elle a une idée suivant laquelle X n’est pas bon, idée qui n’a peut-être pas été identifiée,qui est peut-être subconsciente. Les émotions sont des conséquences et non des causes.
L’inversion entre cause et conséquence dans ce contextepeut conduire à prendre un état émotionnel de bonheur en tant que norme morale, comme dans la doctrine utilitariste, alors qu’il n’est qu’une conséquence d’une morale appropriée — autrement dit une conséquence de jugement de valeurs rationnels basés sur une norme rationnelle —autrement dit de jugementsayantleur source dans la perception de l’existence, et non le ressenti d’un état de conscience — autrement dit fondés sur une métaphysique de la primauté de l’existence. Ainsi, ce n’est pas parce que l’élection d’Hitler a suscité la joie sincère de beaucoup d’allemands qu’il était par là mêmebon (pas même pour l’Allemagne). Cette confusion entre norme et but est un point que j’ai abordé dans un autre article.
Bref, l’Objectivisme examine la prémisse de l’opposition entre raison et émotion, et la rejette. Ainsi, Ayn Rand ne prône pas le refoulement des émotions, mais en fait,exactement le contraire. Qui a dit que parce que les émotions découlaient des idées, ou parce que les émotions ne sont pas un moyen cognitif, elles devaient être refoulées ?!
Certainement pas la théoricienne de l’Objectivisme en tout cas. En 1962, dans une émission d’introduction à l’Objectivisme pour l’université de Columbia, elle clarifia son point de vue en rappelant que « l’homme a bien sûr une nature émotionnelle » et que « lorsque quelqu’un défend l’idée que l’homme doit se guider exclusivement par la raison, cela ne veut pas dire que l’homme ne peut pas ressentir ».
Elle réitéra ce point lors de l’interview qu’elle donna pour Playboy en 1964, quand Alvin Toffler lui demanda si elle pensait qu’il fallait exclure les émotions de la vie. Sa réponse fut on ne peut plus claire est explicite :
Bien sûr que non. Il faut simplement les garder à leur place. Une émotion est une réaction automatique, un effet automatique des prémisses de l’homme. Un effet, pas une cause. Il n’y a pas de conflit nécessaire, pas de dichotomie entre la raison et les émotions de l’homme — pourvu qu’il respecte leur relation adéquate. Un homme rationnel connaît — ou tente de découvrir — la source de ses émotions, les prémisses fondamentale dont elles proviennent ; si ses prémisses sont fausses, il les corrige. Il n’agit jamais d’après des émotions sur lesquelles il ne peut compter, dont il ne comprend pas le sens. En évaluant une situation, il sait pourquoi il réagit ainsi et s’il a raison. Il n’a pas de conflits intérieurs, son esprit et ses émotions sont intégrés, sa conscience est en parfaite harmonie. Ses émotions ne sont pas ses ennemis ; elles sont ses moyens de profiter de la vie. Mais elles ne sont pas son guide ; le guide est son esprit. La relation ne peut pas être inversée. Si un homme prend ses émotions comme cause et son esprit comme leur effet passif, s’il est guidé par ses émotions et n’utilise son esprit que pour les rationaliser ou les justifier d’une façon ou d’une autre — alors il agit immoralement, il se condamne à la misère, à l’échec, à la défaite, et il n’obtiendra que la destruction — la sienne et celle des autres.
Un an plus tard, en 1965, elle publia son article « Art and Moral Treason », qui fut ensuite intégré en tant que chapitre dans The Romantic Manifesto, où Rand décrit la tragédie consistant à refouler ses émotions dès l’enfance, résultat de la morale conventionnelle des parents, laquelle va à l’encontre du développement normatif de l’enfant. Je ne peux citer qu’un court extrait :
Alors que l’enfant est ainsi poussé à craindre, à se méfier et à refouler ses propres émotions, il ne peut toutefois s’empêcher d’observer la violence hystérique des émotions des adultes se déchaînant contre lui sur cette question et sur d’autres. Il conclut, de façon subconsciente, que toutes les émotions en tant que telles sont dangereuses, qu’elles sont l’élément irrationnel, destructeur et imprévisible des gens, qu’elles peuvent le submerger à tout moment de manière terrifiante pour une raison incompréhensible. C’est l’avant-dernière brique dans le mur de refoulement qu’il érige pour enterrer ses propres émotions. La dernière est sa fierté désespérée et mal orientée dans une décision du genre : « Je ne les laisserai plus jamais me faire souffrir ! » La façon de ne jamais souffrir, décide t-il, est de ne jamais ressentir quoi que ce soit.
Mais un refoulement émotionnel ne peut être total ; lorsque toutes les autres émotions sont étouffées, une seule l’emporte : la peur.
En 1967, lors d’une interview avec Johnny Carson, ce dernier lui rapporte que certains disent que sa vision ne ferait aucune place à l’implication émotionnelle. Réponse d’Ayn Rand :
Cela dépend quel genre d’émotion. Voulez-vous dire que toutes les émotions sont nécessairement irrationnelle ? Je ne le pense pas. Cela veut simplement dire que l’homme doit être guidé par la raison, et s’il ne choisit que des valeurs rationnelles, il n’éprouvera pas de valeurs irrationnelles, donc ses émotions et son esprit seront unifiés. Je crois que seul l’homme rationnel peut ressentir profondément, car il n’a pas de conflit interne.
En 1980, lors de sa deuxième apparition au Phil Donahue Show, le début de la conversation portait sur le refoulement émotionnel :
En 1983 dans son coursUnderstanding Objectivism, Leonard Peikoff a consacré toute une partie (dans le chapitre 10 intitulé « Emotions and Moral Judgment » de la version éditée en livre) à préciser la relation entre Objectivisme et émotions, montrant notamment dans une sous-partie (« Objectivism on emotions and repression »)que l’Objectivisme n’exhorte pas au refoulement émotionnel, que l’Objectivisme bien compris n’y conduit pas, tout en reconnaissant que le sujet n’a pas été grandement couvert par la littérature Objectiviste, ce qui a pu laisser certains malentendus se répandre (malentendus qu’il dissipe), d’autant que l’Objectivisme est aussi souvent pris à tort pour une pensée rationaliste, et que le rationalisme conduit au refoulement émotionnel, comme il le montre également dans ce cours.
Peut-on être une personne très émotive (j’interromps la question et demande : par « une personne très émotive », voulez-vous dire une personne rationnelle qui a de très fortes valeurs mais qui sait ce qu’elles sont, d’où elles viennent, quand il convient agir en fonction de celle-ci ? ou voulez-vous dire quelqu’un qui a des valeurs et des émotions très fortes, mais ne sait pas d’où elles viennent, quand il convient d’agir en fonction d’elles, qui est en fait un adepte du caprice, qui fait — violemment parce qu’il est très émotif — n’importe quoi en fonction de ce qu’il sent ?) et toujours être un Objectiviste ? Cela dépend complètement lequel on est. Un adepte du caprice ? Non. Mais très émotif… Ayn Rand était aussi émotive qu’on peut l’être si on le définit d’une certaine manière. Elle pouvait éprouver de très fortes joies, amours, rages, colères… Elle était tout le contraire d’une personne contenue ou qui refoule ou qui est calme… donc en ce sens, absolument.
La philosophie d’Ayn Rand n’est nullement « contre les émotions », elle défend simplement l’idée que les émotions en tant que telles ne disent rien quant à la réalité et qu’il ne faut pas les prendre pour cela. Qu’il faut faire passer le vrai avant le « ce qui me fait me sentir bien », car ceci ne détermine pas le vrai. Que c’est au contraire votre idée de ce qui est vrai qui impactera sur ce qui vous fait vous « sentir bien ».Que les émotions, en tant que telles,ne sont pas plus des déterminants du vrai et du faux que du bon et du mauvais. Que l’on doit essayer de savoir pourquoil’on éprouve telle émotion, de quelle idée elle vient. Que cette idée doit être examinée, vérifiée, comme étant vraie ou fausse, bonne ou mauvaise, objectivement. (Et corrigée au besoin, sans quoi les émotions qui en découleront seront irrationnelles et pourront vous conduire à votre perte.) L’Objectivisme n’est donc pas contre les émotions, il est contre le fait de prendre l’émotion pour un fait premier irréductible sans connaître sa source et la prendre pour un guide, un déterminant du vrai et du faux, du bien et du mal.
Alors si, à partir de cela, vous concluez que les émotions en tant que telle sont un ennemi à supprimer, permettez moi de dire que c’est davantage votre problème que celui de l’Objectivisme. La philosophie d’Ayn Rand n’est pas du tout l’ennemie des émotions, elle est l’ennemiede l’émotionnalisme. Or, comme le fait remarquer Peikoff dans Understanding Objectivism, lorsqu’on passe beaucoup de temps à attaquer une certaine école de pensée, il y a toujours une tendance dans le public à opter pour ce qui semble être l’alternative opposée.
L’une des caractéristiques de l’Objectivisme, que j’ai régulièrement souligné au fil de mes articles, est que cette philosophie ne peut généralement être placée dans les alternatives ou les dichotomies traditionnelles de la philosophie, précisément parce que l’Objectivisme remet en cause la racine même de la dichotomie ou de l’alternative en question. (La racine résidant souvent dans l’opposition corps-esprit.) Or comme beaucoup ne font pas l’effort d’étudier cette philosophie inédite, ils cherchent à la raccrocher systématiquement à des modèles antérieurs familiers, essayant de voir où elle se situe dans les alternatives traditionnelles. Ici, l’alternative est : « raison ou émotion ».Donc si une philosophie comme l’Objectivisme dit qu’il faut toujours être rationnel en toute chose, on en déduit qu’il faut totalement supprimer les émotions… ! Et on aboutit à une alternative encore plus sotte : « refoulement ou émotionnalisme ».
Un conseil, donc. Afin d’éviter l’erreur consistant à juger une philosophie à partir d’une prémisse que vous prenez pour acquise sans vous rendre compte que la philosophie en question remet précisément en cause la prémisse en question, vérifiez vos prémisses.
Pour en savoir plus sur la théorie Objectiviste des émotions, voir (ce qui suit n’est pas exhaustif) :
Le chapitre 5 de Objectivism: The Philosophy of Ayn Rand(OPAR) de Leonard Peikoff (Première section de ce chapitre intitulée « Emotions as a product of Ideas ») ou bien, dans sa conférence de 1976 The Philosophy of Objectivism, la première partie intitulée « What Is Man? Philosophy and Human Nature », la sous-partie : « The relation between reason and emotions », qui est essentiellement la même chose que OPAR. On pourra également consulter le commentaire vidéo de Don Watkins sur OPAR.
Comme indiqué plus haut, le chapitre 10 deUnderstanding Objectivism intitulé « Emotions and Moral Judgment ». Disponible en conférence.
Dans A Companion to Ayn Rand, la partie II : « Ethics and Human Nature », le chapitre de Onkar Ghate « A Being of Self-Made Soul », dans « Reason and Emotion ».
8 réflexions sur « L’Objectivisme est-il l’ennemi des émotions ? »
Merci pour cet article !
C’est rigolo de voir la critique de Alain Laurent , car lors d’un passage à la radio où il intervenait sur Rand, j’étais très déçu et son interprétation me semblait plus que douteuse. Ravis de voir que je ne suis pas le seul à considérer qu’il n’y comprends pas grand chose, bien qu’il soit souvent considéré comme un spécialiste du sujet…
Merci pour votre commentaire demandrel. En effet, Alain Laurent ne comprend pas grand chose à la philosophie d’Ayn Rand et répand énormément d’inepties à son sujet, tout éditeur de ses œuvres qu’il soit (éditeur qui, soit dit en passant, tronque ses livres en ayant supprimé la majorité des chapitres de The Virtue of Selfishness ainsi que l’avant-propos pour mettre sa propre préface à la place, le tout dans une traduction approximative et pleins de fautes d’orthographe). J’en ai pointé une dans le présent article, j’en avais déjà pointé une autre par le passé dans « Morale Objectiviste contre morale kantienne », et Shoshana Milgram a également montré quelques autres problèmes. Mais il y en a encore beaucoup d’autres dans ce qu’il dit et écrit sur le sujet, et je lui consacrerais probablement un article un jour. Sachez que la nature fallacieuse de ses présentations vient d’un problème qui a été identifié et dénoncé par Ayn Rand, à savoir qu’il pratique toujours ce que dans le vocabulaire Objectiviste on appelle : le context-dropping (suppression de contexte), consistant en fait à désintégrer les idées, c’est à dire détruire leurs relations, et notamment leurs relations hiérarchiques.
L’inversion entre cause et conséquence dans ce contexte peut conduire à prendre le bonheur (état émotionnel) en tant que norme morale, comme dans la doctrine utilitariste, alors qu’il n’est qu’une conséquence d’une morale appropriée.
Si le bonheur (ou, pour éviter tout malentendu hédoniste, « mener une vie heureuse ») est la conséquence nécessaire d’un certain comportement, ça signifie quand même qu’on peut observer cet état et en induire quels (règles de) comportements l’ont rendus possibles. Peut-être que le bonheur n’est pas une norme morale (plutôt sa finalité) mais la relation entre les deux me semble circulaire: j’admets d’être moral pour être heureux parce que je constate c’est le moyen adéquat ; mais à partir du moment où je le sais, je peux aussi déterminer si une règle est bonne (ou non) en fonction de ses conséquences pour la recherche du bonheur de l’agent. Et ce n’est pas arbitraire de faire du bonheur un critérium d’évaluation parce que l’adéquation des moyens aux fins est un fait immanent (« metaphysically given » comme diraient certains).
Merci pour cet article !
C’est rigolo de voir la critique de Alain Laurent , car lors d’un passage à la radio où il intervenait sur Rand, j’étais très déçu et son interprétation me semblait plus que douteuse. Ravis de voir que je ne suis pas le seul à considérer qu’il n’y comprends pas grand chose, bien qu’il soit souvent considéré comme un spécialiste du sujet…
J’aimeJ’aime
Merci pour votre commentaire demandrel. En effet, Alain Laurent ne comprend pas grand chose à la philosophie d’Ayn Rand et répand énormément d’inepties à son sujet, tout éditeur de ses œuvres qu’il soit (éditeur qui, soit dit en passant, tronque ses livres en ayant supprimé la majorité des chapitres de The Virtue of Selfishness ainsi que l’avant-propos pour mettre sa propre préface à la place, le tout dans une traduction approximative et pleins de fautes d’orthographe). J’en ai pointé une dans le présent article, j’en avais déjà pointé une autre par le passé dans « Morale Objectiviste contre morale kantienne », et Shoshana Milgram a également montré quelques autres problèmes. Mais il y en a encore beaucoup d’autres dans ce qu’il dit et écrit sur le sujet, et je lui consacrerais probablement un article un jour. Sachez que la nature fallacieuse de ses présentations vient d’un problème qui a été identifié et dénoncé par Ayn Rand, à savoir qu’il pratique toujours ce que dans le vocabulaire Objectiviste on appelle : le context-dropping (suppression de contexte), consistant en fait à désintégrer les idées, c’est à dire détruire leurs relations, et notamment leurs relations hiérarchiques.
J’aimeJ’aime
Gio,
Si le bonheur (ou, pour éviter tout malentendu hédoniste, « mener une vie heureuse ») est la conséquence nécessaire d’un certain comportement, ça signifie quand même qu’on peut observer cet état et en induire quels (règles de) comportements l’ont rendus possibles. Peut-être que le bonheur n’est pas une norme morale (plutôt sa finalité) mais la relation entre les deux me semble circulaire: j’admets d’être moral pour être heureux parce que je constate c’est le moyen adéquat ; mais à partir du moment où je le sais, je peux aussi déterminer si une règle est bonne (ou non) en fonction de ses conséquences pour la recherche du bonheur de l’agent. Et ce n’est pas arbitraire de faire du bonheur un critérium d’évaluation parce que l’adéquation des moyens aux fins est un fait immanent (« metaphysically given » comme diraient certains).
J’aimeJ’aime
Réponse en commentaires de l’article « Déontologie ou conséquentialisme ? ».
J’aimeJ’aime